France: Les assassins d'un franco-turc relâchés après 10 mois de prison

David Bizet
14:5429/08/2025, Cuma
Yeni Şafak
Numan Toprakoglu, avant et après le lynchage par huit individus le 4 août 2024, à Prissé, en Saône -et-Loire, dans le centre de la France.
Crédit Photo : Famille Toprakoglu / Nouvelle Aube
Numan Toprakoglu, avant et après le lynchage par huit individus le 4 août 2024, à Prissé, en Saône -et-Loire, dans le centre de la France.

Numan Toprakoglu, 19 ans, jeune franco-turc tué à Prissé en août 2024, n’a toujours pas obtenu justice. Le 19 juillet 2025, la juge Audrey Berthault a libéré les huit accusés de ce meurtre, une décision incomprise et dénoncée comme une trahison de la mémoire de la victime. La famille de Numan dénonce un possible racisme anti-turc et réclame une instruction équitable.

Un an après l’assassinat de Numan, 19 ans, jeune franco-turc tué à Prissé dans une agression d’une rare violence, la justice française a provoqué la stupeur. Le 19 juillet 2025, la juge Audrey Berthauld a ordonné la remise en liberté des huit hommes mis en examen, tous ayant avoué avoir participé au guet-apens mortel.


Pas un n’est aujourd’hui derrière les barreaux.

Une décision judiciaire qui scandalise


La décision de la juge, qualifiée d
’"incompréhensible"
par la famille, heurte la mémoire de la victime et ravive la douleur.
"Comment peut-on libérer des individus impliqués dans un crime d’une telle atrocité ?",
s’interrogent les proches de Numan.
Certains accusés seraient par ailleurs impliqués dans d’autres affaires graves, notamment des accusations de viol.

La magistrate Audrey Berthault, qui a ordonné la libération des assassins du jeune franco-turc Numan Toprakoglu

Dans une vidéo diffusée sur le réseau social
, le frère de la victime a fait part de toute son incompréhension. Selon lui, la famille n'a même pas été informée de la libération des assassins de Numan, rendant difficile toute possibilité de recours. Le frère Numan dénonce également l'arrestation de proches de la famille ayant manifesté contre cette décision. Selon nos sources, les policiers auraient demandé aux jeunes interpellés s'ils étaient "pro-Erdogan" ou non.

Un discours qui ne rassure en rien la famille endeuillée qui refuse de politiser la mort de Numan, et qui interroge sur le traitement de cette affaire.


Un sentiment de discrimination


Au-delà du drame, une question dérange: cette affaire révèle-t-elle un biais raciste dans le système judiciaire français ? Pour certains soutiens, la libération des suspects malgré la gravité des faits témoigne d’un mépris envers une victime issue de la communauté turque. Beaucoup parlent d’un traitement différencié, voire d’un
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Cette perception alimente la colère et pose un problème plus large de confiance dans les institutions. Comment garantir l’égalité devant la justice lorsque les victimes issues de minorités ont le sentiment que leur douleur pèse moins que d’autres ?

Une famille abandonnée


Pour la famille de Numan, la douleur est doublée d’un combat judiciaire.
Elle réclame la réincarcération immédiate
des mis en examen et une instruction impartiale. Une cagnotte a été lancée afin de financer les frais d’avocats et un pourvoi en cassation. Sans ce soutien financier, les proches du jeune homme craignent de ne pas pouvoir défendre sa mémoire devant la plus haute juridiction.


Deux marches blanches ont déjà rassemblé plusieurs centaines de personnes. La mobilisation continue, mais l’impression demeure que la justice a choisi d’ignorer la souffrance d’une famille qui réclame simplement vérité et équité.


Dans l'attente, la famille Toprakoglu a lancé une
afin que la Ligue des Droits de l'Homme se saisisse de cette affaire et une
pour participer aux frais d'avocat.

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