
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré jeudi que le Board of Peace, nouvel organe consacré au règlement des conflits internationaux, prendra de l’importance à mesure que des initiatives concrètes seront mises en œuvre.
Ses propos font suite au lancement officiel, plus tôt dans la journée, du Board of Peace par le président américain Donald Trump, qui a précisé que cette instance, qu’il préside, collaborera avec les Nations unies pour traiter des crises dépassant largement le cadre de la bande de Gaza.
S’exprimant devant les médias après la cérémonie de signature de la charte du Board of Peace à Davos, en Suisse, Fidan a rappelé que le président turc Recep Tayyip Erdogan poursuit sans relâche ses efforts pour mettre fin aux massacres et à ce qu’il a qualifié de génocide à Gaza.
Selon Fidan, plusieurs étapes restent à franchir, rappelant que la première réunion du Board of Peace a déjà eu lieu. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza, ainsi que sur les premières mesures à mettre en œuvre par le Comité national palestinien chargé de l’administration de l’enclave. Il a estimé que la valeur du Board of Peace augmentera au fur et à mesure de la concrétisation de ces actions, tant sur le plan humanitaire que sur d’autres dossiers.
Évolutions en Syrie
Le chef de la diplomatie turque est également revenu sur la situation en Syrie, affirmant que la Türkiye continue d’y jouer un rôle constructif, tout en réaffirmant son attachement à l’unité et à l’intégrité territoriale du pays.
Il a rappelé que, après 14 années de guerre civile, voir la Syrie passer d’un pays exportant le terrorisme et les réfugiés à un État engagé sur la voie de l’unité, du retour des réfugiés et de l’éradication du terrorisme constitue, selon lui, une évolution majeure pour la région.
Fidan a insisté sur la nécessité de garantir les droits de toutes les composantes ethniques et religieuses du pays, notamment les Kurdes, les Alaouites, les Yazidis et les Turkmènes, tout en appelant les Syriens à se rassembler autour d’une identité nationale commune. « Chacun peut être fier de son identité, mais tous doivent s’unir sous la citoyenneté syrienne », a-t-il déclaré.
La Türkiye face à un ordre mondial en mutation
Abordant les transformations de l’ordre international, Fidan a souligné que la Türkiye adopte une politique régionale constructive tout en maintenant des relations équilibrées avec les grandes puissances, plaçant ses intérêts nationaux au cœur d’une approche fondée sur le principe du "gagnant-gagnant".
Il a évoqué l’évolution rapide du contexte mondial, citant notamment les débats récents sur d’éventuelles options militaires liées au Groenland et les négociations en cours à la suite de déclarations du président Trump. Il a également mentionné la guerre entre la Russie et l’Ukraine, estimant que certains éléments laissent entrevoir des perspectives de règlement.
Selon lui, l’issue de ces dynamiques façonnera profondément l’avenir de la région et du monde. Il a enfin mis en garde contre les risques d’instabilité liés à une mauvaise appréciation de ces évolutions, tout en affirmant qu’une analyse lucide permettrait aux États de poursuivre leur trajectoire sans subir de dommages.









