Crédit Photo : ILIA YEFIMOVICH / AFP
Des personnes debout sur une clôture regardent des engins de chantier démolir un bâtiment à l'intérieur du siège de l'Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est annexée par Israël, le 20 janvier 2026.
Le responsable de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens a dénoncé mardi une opération menée par les forces israéliennes contre le siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est, affirmant que des bulldozers ont entamé la démolition des lieux. Il a qualifié cet acte de "violation intentionnelle du droit international".
Dans un message publié sur la plateforme X, le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a évoqué
"une nouvelle étape dans la violation flagrante et délibérée du droit international, y compris des privilèges et immunités des Nations Unies, par l’État d’Israël".
"Aux premières heures de la matinée, des forces israéliennes ont pris d’assaut le siège de l’UNRWA, un site relevant des Nations Unies, à Jérusalem-Est. Des bulldozers ont pénétré dans l’enceinte et ont commencé à détruire des bâtiments, sous les yeux de parlementaires et d’un membre du gouvernement"
, a-t-il précisé.
Qualifiant cette intervention d’
contre l’agence et ses installations, Lazzarini a rappelé qu’Israël, à l’instar de tous les États membres de l’ONU et des pays attachés à l’ordre international fondé sur des règles, est tenu de respecter et de protéger l’inviolabilité des locaux des Nations Unies.
Il a indiqué que cette action s’inscrit dans une série de mesures prises par les autorités israéliennes visant, selon lui, à effacer l’identité des réfugiés palestiniens.
À ce titre, il a rappelé qu’un centre de santé de l’UNRWA à Jérusalem-Est avait déjà été perquisitionné et contraint à la fermeture le 12 janvier. Il a également évoqué l’annonce par Israël de futures coupures d’eau et d’électricité visant les installations de l’agence, notamment les écoles et centres de santé.
Selon Philippe Lazzarini, ces développements constituent une "conséquence directe" de la loi adoptée par le Parlement israélien en décembre, qui a renforcé les dispositions anti-UNRWA déjà mises en place en 2024.
Il a souligné que ces actions, combinées à des incendies criminels antérieurs et à une vaste campagne de désinformation, vont à l’encontre de l’arrêt rendu en octobre par la Cour internationale de Justice. Cette décision rappelle qu’Israël est tenu, en vertu du droit international, de faciliter le travail de l’UNRWA et non de l’entraver. Il a également réaffirmé qu’Israël
"ne dispose d’aucune juridiction sur Jérusalem-Est".
"Il ne peut y avoir d’exception. Ce qui se passe aujourd’hui avec l’UNRWA pourrait demain concerner toute autre organisation internationale ou mission diplomatique, que ce soit dans le Territoire palestinien occupé ou ailleurs dans le monde"
, a-t-il averti.
Il a enfin mis en garde contre l’érosion progressive du droit international, estimant que celui-ci est "attaqué depuis trop longtemps" et risque de perdre toute portée en l’absence d’une réaction ferme des États membres.
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